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Metz maintenu en vie
Le champion de France défendra son titre cette saison. La Fédération en a décidé ainsi, hier à Paris, à l'issue de la conciliation proposée par le CNOSF.
Un énorme soulagement.> Thierry Weizman, étreint par l'émotion, dit son bonheur de président. Simplement. Depuis le 29 juillet, depuis sa nomination en lieu et place de Paul Kauffmann, sa vie tournait autour du sauvetage de Metz. Maintenant que le club de son coeur a échappé au dépôt de bilan, le médecin fond de plaisir. Il parle de "récompense>, de "défi relevé.> Il s'émerveille devant "tout le travail abattu au cours de ce mois d'août épuisant.> Il s'offre un cliché en passant: "Nous avons remporté une bataille, pas la guerre.> Il regarde, surtout, la vérité droit dans les yeux: "Aujourd'hui, nous devons nous racheter une conduite, resserrer les boulons. Car le plus dur est encore devant nous."
Le plus dur? Respecter les engagements pris, hier, devant le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Répondre aux impératifs fixés par la Fédération, laquelle a donc désavoué le jury d'appel de sa Commission Nationale de Contrôle et de Gestion (CNCG), opposé, le 12 août, au maintien de Metz en Division 1. "La conciliation a débouché sur la signature d'un protocole d'accord, raconte Thierry Weizman. Dans celui-ci, H2ML accepte d'être soumis à une surveillance mensuelle, de suivre une feuille de route qui doit le mener à combler intégralement son déficit au 30 juin 2007." En échange de quoi, la Fédération infléchit sa position et permet au champion de France de briguer un treizième titre à compter du mercredi 14 septembre, date du derby à Yutz.
Metz, ce matin, crie victoire. Il s'agit de saisir les raisons de ce dénouement heureux. Tout a déjà été écrit sur le dossier financier défendu, dans les locaux parisiens du CNOSF, par Thierry Weizman, Isabelle Wendling, capitaine exemplaire, M. Brun, expert-comptable, et Philippe Grégoire, numéro un du Comité de Moselle. Les 300 000 euros du secteur privé, les 200 000 de la Ville, les 70 000 de la souscription publique, la transaction conclue avec Patrick Passemard, entraîneur limogé en janvier 2004, les délais de remboursement obtenus auprès des organismes sociaux, l'allégement de la masse salariale (-50%): l'ensemble de ces données a plaidé en faveur de H2ML, c'est une évidence. Mais la confiance ne se gagne pas qu'à coups de gros chiffres.
Thierry Weizman rechigne à l'avouer. Pourtant, sa présence au sommet de la pyramide messine a pesé lourd dans la balance. Président par intérim, aimait-il à rappeler jusqu'ici. Président tout court, réclame notamment la Fédération, éblouie par son efficacité et celle de son équipe. Son équipe? Les personnes citées plus haut, auxquelles il convient d'ajouter Jean-Marie Noël, patron du handball lorrain, et Olivier Simon, partenaire privilégié. "Ensemble, ose l'ancien pivot, nous avons accepté le verdict de la CNCG. Ensemble, nous avons cependant continué à récolter de l'argent, à nous battre pour notre survie. La Fédé, oui, a été sensible à cette énergie déployée.> "Elle a senti le vent du changement, croit savoir Isabelle Wendling. Elle a aussi compris que le club, désormais, était mené par une somme d'individus aux compétences établies."
Ces dirigeants, maintenant, ont pour mission d'esquisser l'avenir. "En toute humilité", ainsi que le martèle Thierry Weizman. Metz, délesté de sa folie des grandeurs, s'oriente ainsi vers un bouleversement de sa politique de recrutement. Des étrangères, pourquoi pas, mais à moindre coût. Des jeunes Françaises, surtout, invitées à peupler le centre de formation en chantier. "Car, comme le souligne le président messin, on ne s'extirpe pas deux fois du gouffre."
Thomas VUAGNOUX.